«Au revoir le bonheur»: je reviens chez nous

10th March, 2022 ( Thursday )

«Au revoir le bonheur»: je reviens chez nous

Manon Dumais

Depuis Starbuck, ecrit avec Martin Petit, Ken Scott n’avait jamais tourne au Quebec. Il n’a cependant gui?re chome lors des dix dernieres annees. Ainsi, il a realise Delivery Man, version americaine de Starbuck, Jet Lag, dans votre scenario de Steve Conrad, ainsi, L’extraordinaire week-end du fakir, vendu dans 160 pays. Sans oublier l’ecriture des versions canadienne, francaise et italienne d’une grande seduction, ainsi que l’adaptation francaise de Starbuck, Fonzy.

« Si aujourd’hui on a l’envie d’aller a New York ou a Tokyo, si Paris ou Londres nous font rever, c’est qu’on les a deja vus au cinema. J’suis fort fier lorsqu’un de mes films, ou n’importe quel film quebecois, reste vendu a travers un chacun ; ca veut dire que le Quebec y a dans la tete des gens de ces pays-la. Ils font quelque chose qui me stimule au fait de penser qu’on fait 1 film pour le marche d’ici, mais qu’il puisse voyager. Di?s que le film week-end, c’est le Quebec qui voyage aussi », affirme Ken Scott, de renvoi Plusieurs Iles-de-la-Madeleine, ou Au revoir le plaisir, le sixieme film a titre de realisateur, fut presente en premiere.

S’il s’est fera rare ces dernieres annees, ce n’est pourtant gui?re parce qu’il boudait le Quebec ou que le Quebec lui tournait le dos : « Ca faisait longtemps que j’avais envie de revenir travailler au Quebec. J’ai eu l”™occasion de travailler ailleurs parce que les projets m’appellent et que c’est difficile de dire non, mais moi, j’habite au Quebec et j’ai besoin de bosser au milieu des chefs d’entreprise d’ici, avec des acteurs que j’admire. J’ai ete reellement choye dans votre cas-ci. »

Au revoir le bonheur met en scene quatre freres, le businessman Charles-Alexandre (Louis Morissette), l’auteur William (Patrice Robitaille), le nostalgique Thomas (Antoine Bertrand) et l’epicurien Nicolas (Francois Arnaud), qui se rendent dans leur somptueuse residence familiale d’ete a toutes les Iles-de-la-Madeleine. Sont aussi du week-end les compagnes respectives des deux aines et du benjamin, Valerie (Marilyse Bourque), Audrey (Elizabeth Duperre) et Camille (Charlotte Aubin), et toute leur marmaille.

Deja orphelins de leur tante (GenevieveBoivin-Roussy), les freresLambert ont l’intention de repandre les cendres de leur pere (Pierre-Yves Cardinal) puis de choisir s’ils vendent ou non domicile.

Or, rien ne se marche comme prevu. Nicolas a perdu l’urne et Liliane (Anna LeBreton), gardienne en maison, un annonce qu’elle a bien l’intention d’effectuer valoir ses droits sur la maison.

« ils font un tantinet de moi dans chaque frere, revele Ken Scott. Evidemment, comme Patrice joue 1 auteur, les mecs font immediatement l’intermediaire avec moi. Il y a assurement un lien avec lui, mais je m’identifie aux quatre freres, qui seront des archetypes. Je les aime, j’aime un dynamique. J’avais le desir d’explorer ces quatre freres reellement divers, qui ont tous une perception tres differente de ce qu’est le plaisir. »

Si les freres Lambert partagent des points communs avec leur createur, Au revoir le plaisir n’est pas un recit autobiographique, jure Ken Scott : « En fait, je n’ai meme aucune freres, que des s?urs. Et puis, j’ai des filles. Toute cette histoire est une transposition ; c’est plus facile de transposer des histoires que de raconter ma vie. On reussit i  nouveau plus a toucher des verites parce qu’on n’a jamais le probleme de heurter le entourage. Meme quand J’ai realite est interessante, il convient que l’auteur lui donne un angle, un opinion, un sens. »

Decouvrir Au revoir le bonheur, c’est renouer au milieu des themes chers au cineaste, tels la paternite, les liens familiaux, l’esprit communautaire et Notre figure de l’etranger debarquant en territoire inconnu.

« J’espere qu’il y a une coherence dans bien votre que je fais, qu’on puisse Realiser des liens entre chaque film. J’essaie de faire des films qui me sont personnels, meme s’ils s’adressent a plus de gens. J’essaie de ne pas me censurer, de dire ce que j’ai envie de dire. Meme si L’extraordinaire voyage du fakir etait l’adaptation d’un roman [de Romain Puertolas], j’ai l’impression qu’il y avait de moi dans tout ca, et le theme de l’etranger y etait plus vraiment que pas. Si l’on m’a envoye le roman, je m’y etais reconnu. »

J’espere qu’il y a une coherence dans bien votre que je fais, qu’on puisse Realiser des liens entre chaque film. J’essaie de faire des films qui me sont personnels, meme s’ils s’adressent a plus de gens. J’essaie de ne pas me censurer, de dire ce que j’ai envie de dire.

Fidele a lui-meme, Ken Scott aborde des themes graves avec un habile melange de sensibilite et d’humour. « Ce que j’aime, ce seront les comedies dramatiques, d’etre interesse via une affaire ou ils font veritablement des enjeux. Dans ce cas-ci, nos enjeux sont reellement personnels, mais j’esperais m’assurer que le spectateur ait aussi un sourire, qu’il ait l’envie de lire les personnages, de faire partie de la famille. »

S’il est content d’avoir pu tourner au Quebec, Ken Scott le doit toutefois a des instances bien plus hautes que lui : la pandemie et des regles sanitaires.

« Je cherchais un lieu mystique. I  l’origine, c’etait la Provence, puis la Havane, mais la COVID est arrivee et on n’avait plus le droit de tourner a l’exterieur du pays. Je n’ai pas decouvert ca comme votre compromis, mais une occasion de faire mieux. Lorsque l’on voit la soiree, on ressent une certaine fierte parce que c’est chez nous. Ce n’est nullement une carte postale, mais le visuel que nous offrent des Iles-de-la-Madeleine sert a raconter l’histoire dans ce lieu extraordinaire, donne une valeur a toute l’histoire. »

Mieux encore, les paysages grandioses du Quebec maritime lui permettaient d’ajouter une note de melancolie a votre huis clos au grand air ou nos quatre freres deviennent tour a tour complices et rivaux, comme dans toute bonne famille datingmentor.org/fr/meet-an-inmate-review.

« Etant donne qu’on a tourne en automne, le vent et les couleurs amenaient une certaine melancolie. Dans ces paysages-la, on voit quelque chose de mystique, c’est extraordinaire. J’ai voulu que tout ca participe a raconter l’histoire », explique celui qui s’est principalement inspire du Bal ainsi que Nous nous sommes tant aimes, d’Ettore Scola, « maitre une melancolie », ainsi que du Voleur de bicyclette, de Vittorio de Sica.

« C’aurait ete autre chose si j’avais pu tourner en Provence ou a Notre Havane, mais ca n’aurait si»rement jamais ete mieux. » Pourquoi pas une trilogie ?, tel pourrait le suggerer votre personnage de la video. « Pas pour l’instant… », repond Ken Scott, sourire en coin.

Le film Au revoir le plaisir prend l’affiche le 17 decembre.

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